Aucun n’a mentionné que la colonisation est un crime de guerre passible de la Cour pénale internationale. Nous avons été invités à communier dans le culte de saint Sharon, dont les crimes d’hier ont été passés sous silence, notamment son implication dans la guerre du Liban de 1982 et les massacres qui ont suivi, à Sabra et Chatila.
Selon les sources, ce sont de 800 à 3500 Palestiniens et Libanais chiites qui ont été massacrés dans les camps de Sabra et Chatila du 16 au 18 septembre 1982.
Ont participé au massacre:
l’armée israélienne, les “harkis” libanais de l’armée israélienne commandés par le major Haddad, chef de l’Armée du Liban sud, et le capitaine Camille Khoury.
Pendant 40 heures, jusqu’au matin du samedi 18 septembre, dans les camps de palestiniens encerclés et bouclés, ils ont violer, tuer, blesser, saccager et piller. Toutes les victimes seront des civils, essentiellement des femmes, des enfants et des vieillards. Ces actes sont accompagnés ou suivis de rafles systématiques par l’armée israélienne, de dizaines ou peut-être même de centaines de civils, qui disparaîtront purement et simplement.
Durant toute l’action, l’armée israélienne, a empeche les civils de fuir les camps en organisant un éclairage constant des camps durant la nuit, par des fusées éclairantes lancées par des hélicoptères et des mortiers. Ses chefs étaient en contact permanent avec les chefs des milices commettant le massacre.
TEMOIGNAGE
Le vendredi 17 septembre, vers 16 h 30, notre voisine, qui avait passé la nuit chez nous, est montée, en compagnie de mon frère de 11 ans, sur le toit de notre maison pour voir ce qui se passait, afin que nous puissions décider si nous devions rester à la maison ou la quitter. Lorsqu’ils sont montés, ils ont été vus par des miliciens qui étaient sur une colline proche. Ils ont eu peur et ils sont redescendus en vitesse pour nous dire ce qu’ils avaient vu. Quelques instants plus tard, nous avons entendu quelqu’un frapper à la porte. Mon père a demandé: «Qui est là?» Ils ont dit: «Nous sommes des Israéliens et nous voulons fouiller la maison.» Mon père a ouvert la porte. Il y avait 13 soldats armés. Quelques-uns sont entrés et nous ont encerclés, d’autres sont montés sur le toit de la maison et les derniers sont restés à l’extérieur.
Je me suis mise avec ma petite sœur à côté de mon père pendant que mes autres frères et sœurs se sont mis à côté de notre mère et de la voisine. Mon père les a bien reçus et les a invités à s’asseoir. Un des hommes a dit: «Nous voulons prendre tout ce qui se trouve dans votre maison.» Alors, je lui ai demandé: «Pourquoi voulez-vous tout prendre, après nous avoir pris la chose la plus chère, notre terre, que voulez-vous encore prendre?» Mon père l’a supplié: «Prends tout ce que tu veux sauf mes enfants.» Le soldat l’a lors frappé si fort au visage qu’il s’est mis à saigner. Je n’ai pas pu me contrôler et j’ai commencé à crier: «Comment pouvez-vous frapper un homme aussi âgé que mon père?» Ils m’ont alors frappée et jetée au sol. J’ai senti de terribles douleurs et j’ai commencé aussi à frapper le soldat qui m’avait attaquée. Ils ont alors pris tout notre argent et nos bijoux, même l’alliance de mon père. L’un d’eux nous a ordonné de rentrer dans une des chambres, de regarder vers le mur et de ne pas nous retourner.
Ma petite sœur d’un an et demi a levé la main et demandé à ma mère de la prendre dans ses bras, car elle était effrayée. Alors, ils ont commencé à tirer sur nous. Ma petite sœur a reçu une balle dans la tête. Mon père a été touché à la poitrine mais était encore en vie. Mes frères et sœurs Chadli, 3 ans, Farid, 8 ans, Bassam, 11 ans, Hajer, 7 ans et Chadia, 1 an 1/2 ainsi que notre voisine sont morts sur le coup.
Seuls mes deux frères Maher, 12 ans et Ismaïl, 9 ans sont restés indemnes parce qu’ils étaient cachés dans les toilettes. Ma sœur Nihad, 16 ans et ma mère n’ont pas été grièvement touchées. Et moi, j’étais paralysée.
Les soldats, qui croyaient que nous étions tous morts, sont partis. Nous avons commencé à vérifier qui était encore en vie et qui était mort. Nous avons demandé à ma mère, à mon frère et à ma sœur d’aller chercher des secours. Moi, je suis restée avec mon père qui était grièvement blessé. Nous étions entourés par les cadavres des membres de notre famille. C’était un moment horrible que je n’oublierai jamais.
Vers 10 heures du matin, 3 soldats sont revenus pour prendre l’argent qu’ils avaient oublié à l’intérieur de la maison. Ils ont vu que je bougeais encore et que j’essayais de me rapprocher de mon père. Ils ont commencé à m’insulter et à m’humilier, puis ils m’ont dit: «Regarde bien ce qu’on va te faire devant ton père.» Ils m’ont alors violée l’un après l’autre sous les yeux de mon père et ensuite, ils m’ont tiré dessus, me blessant à la main gauche. Puis ils sont partis.
Mon père a dit: «Que Dieu te vienne en aide, ma fille», puis il a rendu l’âme, car il ne pouvait supporter de voir ce qui m’était arrivé. Ils sont revenus une nouvelle fois le soir et ils étaient fous furieux de me voir encore en vie et en train de boire. Ils m’ont tiré deux fois dessus, me touchant à la tête. Je me suis alors évanouie. J’ai été réveillée par le miaulement des chats qui tournaient autour des cadavres. Avec ma main indemne, j’ai essayé de recouvrir les corps avec des couvertures, mais je n’y suis pas parvenue.
Dans la matinée du jour suivant, le samedi 18 septembre, les soldats sont à nouveau revenus. J’ai alors fait semblant d’être morte. Le dimanche matin, un soldat libanais est venu pour demander des nouvelles de membres de sa famille. J’ai alors crié pour demander de l’aide. Je ne pouvais plus parler lorsque ce soldat a enlevé son manteau pour couvrir mon corps nu et m’emmener avec lui. En sortant du camp, j’ai vu des cadavres égorgés et enflés, et pendant tout le chemin, je n’entendais que cris et lamentations.
Le soldat m’a déposée à la Croix-Rouge. Ils m’ont directement branché un appareil de respiration artificielle. Ils m’ont ensuite emmenée dans un hôpital où ils ont refusé de me recevoir. Finalement, ils m’ont emmenée à l’hôpital .
La responsabilité d'Ariel Sharon
Depuis le massacre, les victimes et les survivants n'ont bénéficié d'aucune instruction judiciaire.
Malgré l'évidence du "massacre criminel", qualification du Conseil de Sécurité, et la triste place des massacres de Sabra et Chatila dans la mémoire collective de l'humanité au rang des grands crimes contre l'humanité du XXè siècle, le "responsable personnel" de ces massacres, ses acolytes, et les exécutants, n'ont jamais, jusqu'à ces jours derniers, été poursuivis en justice et punis. Le Conseil de Sécurité des Nations unies a condamné le massacre par la résolution 521 du 19 septembre 1982.
Cette condamnation a été suivie par une résolution de l'Assemblée générale du 16 décembre 1982 qui a qualifié le massacre d' "acte de génocide".
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